CALENDRIERS

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Tout était planifié à merveille : la fin du monde, selon le calendrier maya pour 2012 et l’année du tourisme au Népal en 2011, juste avant, histoire de finir en beauté. Mais depuis quelques jours, il a été annoncé dans la presse que la conversion entre calendrier maya et calendrier grégorien serait fausse et que dès lors la fin du calendrier maya – et donc la fin du monde – pourrait être repoussée de 50, de 100 ans, voire plus. Bonne nouvelle certes mais, quoiqu’il en soit, selon le calendrier népalais l’année prochaine sera l’année 2068 tandis que les Tibétains entreront dans leur 2138ième année, correspondant à l’an 1432 de l’Hégire. Tout ça n’est pas facile à convertir en années maya…

Même si ce devait être la der des ders, 2011 fut une année bien mal choisie par les autorités népalaises pour vouloir recevoir un million de touristes en 2011, but officiellement annoncé par le Nepal Tourist Board. Dans un pays qui ne compte que 6 hôtels cinq étoiles, le Népal va accueillir cette année près de 500 000 touristes (dont 20 000 français) : non seulement il n’y a toujours pas de gouvernement après 13 tours d’élections (remarque : comme les Belges vous le diront, on peut faire sans…) mais la seule route reliant la capitale Katmandou au reste du pays et du monde est endommagée entrainant des embouteillages étonnants : 9 heures pour faire 95 km.

Cette saison d’automne, outre les restrictions d’eau et d’électricité endémiques, il n’y a déjà plus un lit, plus une place d’avion domestique, les hélicoptères de secours en montagne tournent en boucle, les restaurants sont pris d’assaut et il n’est pas rare de devoir attendre plus d’une heure avant de pouvoir traverser un pont suspendu ou un passage difficile sur le trek de l’Everest. Les trekkeurs dorment sur (parfois sous) les tables des lodges, dans les étables ou parfois même à la belle étoile tandis que la moindre annulation des vols vers Lukla ou Jomsom provoque des congères de trekkeurs qui ne seront épongées qu’avec la fin de la saison, dans plus d’un mois !

On eut donc espéré que, telle la fin du monde, l’année de Visit Nepal 2011 fusse repoussé de 50, voire 100 ans pour laisser un peu de temps au pays de mettre en place les infrastructures vitales, nécessaires et suffisantes pour accueillir décemment le million de candidats qui veulent venir goûter au paradis du trek… et qui ont bien raison.
En vous souhaitant une bonne année, quelque soit votre calendrier.


Jérome EDOU
9/07/2067

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